Vers une discrimination de la minceur ?

Quand on vous parle de positivisme corporel (ou” body positive” en anglais) à quoi pensez vous ?

Au fil de mes expériences sur le net et ailleurs, j’ai pu constater (à mon grand désarroi) que la plupart des gens avaient une vision erronée de la chose.

Et cette mauvaise interprétation s’avère presque dangereuse, car elle commence à façonner une nouvelle forme de discrimination.

Je reprends au début afin que vous compreniez parfaitement là où je veux en venir.

Une mauvaise interprétation

Si vous tapez “body positive définition” dans votre barre de recherche, vous tomberez directement là dessus :

“Le body positive est un mouvement social en faveur de l’acceptation et l’appréciation de tous les types de corps humains. Il encourage la diversité et l’estime de soi en soutenant que la beauté est une construction sociale qui dépend des cultures et défie les stéréotypes et définitions normatives partagés par les médias.”

Or, en parcourant internet ou en parlant de ce mouvement autour de moi, j’ai pris conscience qu’une grande partie de la population le confondent avec le mouvement d’acceptation des personnes obèses. Cette idée a été largement véhiculée par quelques célébrités sur les réseaux sociaux.

Cela m’attriste vraiment de voir à quel point le monde a une vision erronée de ce formidable mouvement. De nombreuses conséquences sont en train d’en découler. Nous assistons à l’émergence d’une volonté de remplacer l’image du corps idéal actuel par une autre. De remplacer les minces par les rondes. Contrairement à la philosophie du positivisme corporel, il y a encore ici un désir de hiérarchiser les corps. Le problème de base est donc déplacé et loin d’être éliminé. Mais il y a aussi ce maintien des “clans” préexistants entre les personnes de corpulence normale et les personnes obèses. Chacun des deux clans déteste l’autre pour ce qu’il est et ce qu’il représente. Avec cet état d’esprit la rage et la rivalité est entretenue.

Trop mince pour être mal dans sa peau ?

Toujours dans la veine de cette nouvelle discrimination, j’ai pu constaté que certaines femmes sur les réseaux sociaux parlaient de “body positive” et se faisaient incendier par leurs abonnés car ils estimaient qu’elles n’étaient “pas assez grosses” pour parler de ce sujet. Là, j’avoue qu’il faut m’expliquer. Ce n’est pas parce qu’une personne n’est pas en surpoids avéré qu’elle se sent forcément bien dans son corps. Le bien-être, tout comme le bonheur et la santé, n’est pas une question de taille de pantalon ! Une personne maigre peut très bien parler de positivisme corporel, aussi bien qu’une personne de corpulence moyenne ou une personne obèse.

C’est exactement pareil pour le sport et la nutrition, par exemple. Une personne en surpoids peut très bien traiter de course à pied et de l’art de manger sain, en quoi cela poserait-il un problème ? C’est bien contre cela que se bat le mouvement : vous pouvez parler de tout ce qui vous plait, tout et n’importe quoi, que vous soyez en état de maigreur, de surpoids ou d’obésité. Vous n’êtes pas votre corps, n’oubliez jamais ça.

J’ai lu des articles déchaînés qui clamaient “foutez nous la paix avec le body positivisme”. De nombreuses personnes ont effectivement été déçues du fait que des femmes non-obèses se sont appropriées le mouvement. J’ai lu “je m’attendais à voir de vrais corps, avec des bourrelets et de la cellulite”. Alors oui, beaucoup de personnes sont encore frileuses à l”idée d’exposer leurs défauts à la vue de tous. Et il est plus facile de se montrer lorsque l’on fait une taille 40 qu’une taille 52.

Mais faut-il pour autant vivre ainsi dans la haine de l’autre ? Hair les personnes que vous estimez “bien foutues” quand elles disent détester leurs propres corps ? Oui, être obèse n’est vraiment pas facile. Mais cela ne veut pas dire que pour tous ceux qui ne le sont pas, ça l’est. Il n’y a pas de poids prédéfini pour avoir le droit d’être mal dans sa peau. J’ai connu de nombreuses personnes, hommes comme femmes, se haïr car elles se sentaient trop maigres. Et se faire dénigrer pour cela. Car le Body Shaming ne tient pas non plus compte de votre poids ou de votre taille. Le Body Shaming est simplement un acte de haine et n’est pas justifiable.

Le but n’est pas de se battre pour savoir qui souffre le plus. Savoir qui est le plus mal dans sa peau. Le but est d’apprendre à vivre ensemble de façon plus harmonieuse, en négligeant nos différences.

Apprenons à nous aimer pour ce qui nous unit et non pas nous détruire pour ce qui nous sépare.

Les vraies racines du Body positivisme encourage l’amour de soi et l’acceptation de tous les types de corps. C’est le désir d’une représentation plus large et plus juste des corps dans la société. C’est arrêter de détester ses semblables pour leurs apparences. Ensemble, nous pouvons stopper cette haine, cette colère qui empoisonne l’humanité.

Souvenez vous également, le Body positivisme ne se focalise pas sur les apparences. Il encourage à voir bien plus loin que cela. A vivre sans donner plus d’importance que nécessaire à la forme qu’a notre corps. Cultiver d’autres valeurs, miser sur le bonheur, celui qui vient du plus profond de votre être. Arrêter de se soucier autant de son poids, arrêter de juger et de se comparer aux autres libère une grande dose d’énergie et de volonté que vous pourrez utiliser à bien meilleur escient.


Et vous, qu’en pensez vous ? Comment percevez vous le Body positivisme ? Quelles sont les relations que vous entretenez avec votre corps, indépendamment de votre poids ?

Positivement vôtre,

Margaux

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