Faut il diaboliser le surpoids ?

Bonjour à tous,

Je le sais, et vous aussi, aujourd’hui être en surpoids est non seulement très mal toléré par autrui mais aussi considéré comme dangereux pour la santé. Il suffit d’avoir un tour de taille un peu plus large que la moyenne pour être harcelé de partout. Déjà par votre entourage (même si ce sont des choses plutôt racontées par messes basses), ensuite par les médias (avec leurs pubs minceur de partout qui te font bien comprendre que t’as plutôt intérêt à être prêt-e pour l’été) mais aussi par le secteur médical (le médecin recommande très facilement une perte de poids).

Mais finalement, être en surpoids est-ce tellement dramatique ?

Etre gros, un fait avant tout psychologique

Je me sens gros(se)“, “de toute façon je suis déjà gros-se“, “je ne suis pas capable, je suis bien trop lourd(e)“.

Avez vous déjà entendu ce genre de phrase ? Peut-être est-ce même déjà sorti de votre bouche ? De nos jours l’importance donnée au corps est telle que l’on s’identifie totalement à lui. Le poids est devenu un trait de personnalité. Vous ne traiterez pas de la même façon une personne mince qu’une personne obèse. Et leurs comportements au sein de la société ne seront pas non plus les mêmes. Etre gros est devenu un fait tellement péjoratif que le gros ou la grosse a souvent honte de l’être, et cela influera sur toutes ses interactions sociales. Vous connaissez sûrement ce qu’on appelle la grossophobie, vous comprendrez donc bien que je ne fonde pas mes propos sur du vent.

Ainsi, être en surpoids nous indique comment nous devons nous comporter et dicte aux autres comment ils doivent nous traiter. Alors que, rappelez vous, on parle uniquement de tissus adipeux.

Dans notre société de rapaces, exposer aux autres son manque de confiance en soi relève du suicide. Vous rencontrerez davantage de personnes qui vous conforteront dans cette idée que le contraire.

Attention, avec la manipulation médiatique autour de la minceur, certaines personnes se retrouvent même avec une vision biaisée de leurs propres corps. Selon l’analyse réalisée par l’Institut national d’études démographiques (Ined), six femmes sur dix s’estiment trop grosses et désirent perdre du poids. Il suffit de voir le nombre de personnes désirant faire un régime ou s’inscrivant à la salle de sport dans l’optique de perdre du poids. Si vous êtes attentifs vous constaterez que très peu d’entre elles sont en surpoids avéré.

Le surpoids, un bienfait pour la santé ?

Certaines études s’attellent timidement à vouloir prouver qu’un léger surpoids n’est pas nocif pour la santé, voire bénéfique dans certains cas. En effet, les personnes en surpoids (indice de masse corporelle situé entre 25 et 30) ou souffrant d’une obésité modérée (IMC de 30 à 35) auraient un risque de mortalité plus bas que les personnes ayant une corpulence « normale » (IMC compris entre 18,5 et 25) (Journal of the American Medical Association). Par contre, elle précise également que l’obésité sévère est incontestablement mauvaise pour la santé. Ces études sont bien souvent controversées, mais comment démêler le vrai du faux dans un monde contrôlé par les lobbies ?

Cependant, quelques facteurs mettent tout le monde d’accord : la pratique d’une activité physique régulière est bénéfique pour la santé (sans surprise) et une bonne santé peut être entretenue grâce à une alimentation équilibrée. Je dis bien équilibrée et non pas ketogène, low carb, low fat ou même au contraire basée sur une grosse quantité de sucreries et de fast foods.

Si vous combinez donc alimentation variée et exercice régulier, normalement pas de raisons de vous soucier de votre poids. Même en cas de kilos en trop, sachez qu’un français ou française sur deux est considéré(e) en surpoids. Le poids est déterminé par tellement de facteurs que fixer un chiffre à ne pas dépasser s’avère être d’une débilité profonde. L’IMC est un outil de mesure totalement inadapté (voir cet article). Et parler du poids d’équilibre, celui qui correspond à notre propre organisme et morphologie, n’est absolument pas profitable à l’industrie. J’en viens donc à un autre point.

Le poids, une manipulation à grande échelle ?

Cherchons maintenant ensemble les pires agissements des lobbies. Que ce soit pour la cigarette, pour les sodas ou pour l’agroalimentaire tout entier, les fausses informations vont bon train. Regardez l’exemple de l’industrie laitière. De nombreuses études ont prouvé que le lait n’était pas si bon pour la santé, et sans vouloir toujours s’en remettre aux études il suffit de constater le nombre de personnes intolérantes au lactose. De plus, l’être humain est le seul être vivant qui continue de boire du lait à l’âge adulte. Je ne souhaite pas vous inciter à ne plus boire de lait, je consomme moi-même des produits laitiers régulièrement. Je souhaite seulement bien insister sur le fait que la consommation de lait en grande quantité peut s’avérer carrément nocive pour l’organisme. Néanmoins les messages de promotion du lait vont bon train, que ce soit à la télévision ou ailleurs, en plus des animations organisées un peu partout autour des produits laitiers.

Pour vous convaincre de l’hypocrisie ambiante, je vais reprendre les propos de Jérémy Anso :

L’industrie laitière réalise un chiffre d’affaires annuel de plus 30 milliards d’euros, possède un organe de promotion : le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel), financé par tous les acteurs de la filière avec un budget annuel de plus de 39 millions d’euros en 2017. Sur ce budget, 3,5 millions d’euros ont été investis en 2017 dans les affaires publiques, autrement dit, le lobbying politique. Les missions du Cniel consistent à “promouvoir collectivement le lait et les produits laitiers auprès des consommateurs pour contribuer au développement des ventes”, mais également “anticiper les attaques contre le secteur et y répondre en s’appuyant sur une expertise scientifique incontestable”.

Note : consommer trop de lait favorise le surpoids et quand vous irez chez votre médecin il vous recommandera de maigrir, or ce même médecin peut vous recommander de consommer trois produits laitiers par jour. Quel cynisme.

Bref, j’aurai pu prendre n’importe quel exemple, c’était simplement pour vous expliquer le fonctionnement des lobbies.

Dans ce même état d’esprit, pensez donc à l’industrie de la minceur qui réalise un chiffre d’affaire de trois milliards d’euros par an rien qu’en France. Pour l’écriture de leurs livres (respectivement “the Obesity Myth” et “Fat Politics : the Real Story behind America’s Obesity Epidemic), Paul Campos et J. Eric Oliver cherchaient à comprendre l’augmentation des chiffres de l’obésité. Ils furent tous deux surpris de découvrir les efforts mis en oeuvre par l’industrie pour redéfinir l’obésité, notamment la requalification de ce qui constitue le “surpoids”.C’est ainsi que 36 millions d’américains se retrouvèrent obèses du jour au lendemain.

Je vais vous laisser méditer là dessus.


J’espère que cet article vous aura fait prendre conscience de certaines choses. Surtout n’oubliez pas, vous n’êtes pas votre corps et ne laissez jamais une simple étiquette prendre le dessus sur votre personnalité.

Positivement vôtre,

Margaux

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